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Le jour où on t‘amputera du monde


Les amputés  développent parfois un peu d’amour pour leur jambe de bois

S’attachent, disent « ma »

Mais pas toujours :  ils peuvent aussi

comme un poids mort

la laisser choir 

et puis moisir dans un placard.

Des fois, je sais pas, moi, mais

 ce silence égal, du feuillage blanc 

les murs de cet hôpital sale

 le mica  dans la glaise, avant hier dans ta main

gourde, l’air

et même allez

même le monde, le monde entier va

me semblent le poids  

doux 

d’un grand membre de bois

surnuméraire 

inutile et  commun

avec lequel rien faire 

— mais très très bien : rien faire…


Un grand membre de bois, le monde…

Ouais, pour jouer avec l’absence

un que j’ai  bien aimé, aussi,  à l’usage, vraiment

un peu comme si 

 le mien

le monde


Alors jamais je ne l’oublierai, moi, je crois, dans un placard.

Et je veux pas qu’on me l’arrache.

(Les riens ont des douleurs fantômes

à l’Univers.)


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