{"id":470,"date":"2020-10-17T13:31:04","date_gmt":"2020-10-17T11:31:04","guid":{"rendered":"http:\/\/fomblard.fr\/?p=470"},"modified":"2020-10-22T13:08:21","modified_gmt":"2020-10-22T11:08:21","slug":"ethique-de-la-vie-naturalisme-et-biologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/2020\/10\/17\/ethique-de-la-vie-naturalisme-et-biologie\/","title":{"rendered":"\u00c9thique de la vie, naturalisme et biologie\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p>Comme beaucoup de gens, sans doute, j\u2019adh\u00e8re spontan\u00e9ment \u00e0 une forme \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9thique de la vie&nbsp;\u00bb : j\u2019ai tendance \u00e0 juger le bonheur d\u2019une personne, la qualit\u00e9 d\u2019une \u0153uvre d\u2019art, ou m\u00eame les attraits d\u2019un mouvement culturel ou d\u2019une \u00e9poque en termes d\u2019\u00e9panouissement, ou peut-\u00eatre d\u2019intensification, de la vie. Je tiens ainsi pour bon l\u2019\u00e9panouissement de la vie et ce qui y contribue, pour mauvais ce qui l\u2019emp\u00eache. Cette \u00e9thique de la vie est probl\u00e9matique pour de nombreuses raisons. Telle quelle, elle est bien ind\u00e9termin\u00e9e, et on peut vraisemblablement lui faire dire beaucoup de choses<sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fn.1\">1<\/a><\/sup>. Elle risque aussi, je pense, d\u2019\u00eatre ind\u00fbment conservatrice. Le probl\u00e8me dont je voudrais traiter ici est peut-\u00eatre plus fondamental. Il tient \u00e0 ce qu\u2019une telle \u00e9thique semble incompatible avec le naturalisme minimal qui consiste \u00e0 prendre au s\u00e9rieux la biologie moderne et en particulier la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution sur laquelle elle se fonde.<\/p>\n\n\n\n<p> Le g\u00e8ne est selon la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution, l\u2019unit\u00e9 de s\u00e9lection du vivant et un \u00eatre vivant qui s\u2019\u00e9panouit est donc, pour la biologie moderne, simplement un organisme qui parvient \u00e0 multiplier ses g\u00e8nes. Cela n\u2019implique certes pas que nous d\u00e9sirons tous (peut-\u00eatre inconsciemment) multiplier nos g\u00e8nes. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence ce n\u2019est pas le cas et la th\u00e9orie de la s\u00e9lection naturelle peut expliquer cela. Cela signifie cependant que si l\u2019on cherche \u00e0 tirer une norme pour le vivant de la th\u00e9orie de la s\u00e9lection naturelle \u2014 et corr\u00e9lativement des notions de but, de fonction, d\u2019\u00e9panouissement ou d\u2019accomplissement \u2014 celle-ci consistera en la multiplication maximale des g\u00e8nes.  <\/p>\n\n\n\n<p>Coupl\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9thique de la vie, la biologie moderne semble avoir ainsi des cons\u00e9quences absurdes, comme l\u2019id\u00e9e que tant qu\u2019on a des ressources suffisantes pour les \u00e9lever, on s\u2019\u00e9panouira toujours plus en faisant plus d\u2019enfants, moins en utilisant des moyens de contraception. Ou celle que les taureaux reproducteurs d\u2019\u00e9levages intensifs touchent au sommet de bonheur. Ou encore celle qu\u2019une oeuvre d\u2019art est bonne dans la mesure o\u00f9 elle tend \u00e0 favoriser la reproduction. <\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait contester que le g\u00e8ne soit l\u2019unit\u00e9 de s\u00e9lection du vivant \u2014 l\u2019id\u00e9e est en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9battue. On pourrait aussi faire valoir que l\u2019\u00e9volution culturelle permet \u00e0 certaines esp\u00e8ces de \u00a0\u00ab\u00a0hacker\u00a0\u00bb la s\u00e9lection naturelle en modifiant notre environnement et de la faire co\u00efncider avec une \u00e9thique de la vie. Imaginez, pour prendre un cas extr\u00eame, une tyrannie \u00e9thique qui, pendant des dizaines de milliers d\u2019ann\u00e9es, \u00e9limine tous ceux qui n\u2019ont pas une vie bonne selon telle ou telle \u00e9thique de la vie avant qu\u2019ils n\u2019aient pu se reproduire. Dans un tel environnement, la norme associ\u00e9e \u00e0 la biologie \u00e9volutionniste, c\u2019est-\u00e0-dire la valeur s\u00e9lective (<em>fitness<\/em>),  et celle de l\u2019\u00e9thique de la vie pourraient en quelque sorte co\u00efncider.  Il semble, cependant, que dans <em>notre<\/em> environnement, la valeur s\u00e9lective ne coincide pas avec l\u2019\u00e9panouissement de la vie (le film <em>Idocrac<\/em>y fournit une image amusante de la divergence, dans un environnement pas si \u00e9loign\u00e9 du n\u00f4tre, entre valeur s\u00e9lective et \u00e9panouissement de la vie). Par ailleurs, m\u00eame si elles co\u00efncidaient dans notre environnement, cela montrerait au mieux que l\u2019application d\u2019une de ces normes est compatible, dans un contexte comme le n\u00f4tre, avec l\u2019application de la seconde. Pas que ces deux normes elles-m\u00eames sont compatibles en un sens qui permette de r\u00e9concilier \u00e9thique de la vie et biologie.    <\/p>\n\n\n\n<p>Devant cette incompatibilit\u00e9, on peut \u00eatre tent\u00e9 de renoncer soit \u00e0 l\u2019\u00e9thique de la vie soit au naturalisme minimal (qui consiste, je le rappelle, \u00e0 prendre au s\u00e9rieux la biologie moderne). Je ne suis pas, \u00e0 vrai dire, un naturaliste forcen\u00e9, et je consid\u00e8re que la science est, pour des raisons de principe, incapable de nous renseigner de mani\u00e8re exhaustive sur le monde<sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fn.2\">2<\/a><\/sup>. Je pense, en particulier, que la physique, les neurosciences ou la biologie manqueront toujours quelque chose du ressenti subjectif ou ph\u00e9nom\u00e9nal, de l\u2019effet que cela nous fait d\u2019\u00e9prouver des exp\u00e9riences. Je pense aussi que ce ressenti subjectif constitue une part essentielle de la conception qu\u2019a le sens commun (sinon la biologie) de la vie. Mais il y a un foss\u00e9 entre admettre, comme je le fais, que la biologie ne peut pas \u00eatre exhaustive, et manquera toujours quelque chose de la vie, et affirmer que certaines v\u00e9rit\u00e9s relatives aux \u00eatres vivants la contredisent tout bonnement (comparer \u00e0 : l\u2019arithm\u00e9tique ne peut rien dire de mes caries vs l\u2019arithm\u00e9tique implique que je n\u2019ai jamais eu de carie). Or, c\u2019est ce foss\u00e9, que je ne suis pas pr\u00eat \u00e0 franchir, que doivent, semble-t-il, enjamber les d\u00e9fenseurs contemporains de l\u2019\u00e9thique de la vie. Je ne suis pas s\u00fbr, \u00e0 vrai dire, qu\u2019on puisse franchir un tel foss\u00e9 (et affirmer que la vie, donc, contredit la biologie) sans invoquer plus ou moins explicitement des forces ou des \u00e9lans vitaux myst\u00e9rieux, ou l\u2019id\u00e9e saugrenue que le tout contient plus que la somme de ses parties, et je d\u00e9finirais volontiers le vitalisme comme le franchissement de ce foss\u00e9.<sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fn.3\">3<\/a><\/sup>&nbsp;\u00c0 d\u00e9faut de renoncer avec le vitaliste au naturalisme minimal ou bien de renoncer tout bonnement \u00e0 l\u2019\u00e9thique de la vie, on peut aussi, quitte \u00e0 perdre un peu en unit\u00e9, dissocier progressivement sa r\u00e9flexion sur ces deux sujets. Je crois que c\u2019est ce que j\u2019ai fait jusqu\u2019ici.<\/p>\n\n\n\n<p>En lisant&nbsp;<em>Mani\u00e8res d&#8217;\u00eatre vivant<\/em>, le dernier livre de Baptiste Morizot (je ne l\u2019ai pas fini, je savoure), ou dans un genre diff\u00e9rent, le&nbsp;<em>Petit trait\u00e9 de philosophie naturelle<\/em>&nbsp;de Kathleen Dean Moore, j\u2019ai eu le sentiment qu\u2019une r\u00e9conciliation entre biologie et \u00e9thique de la vie \u00e9tait possible et cela m\u2019a fait plaisir (la perspective d\u2019\u00eatre un peu plus unifi\u00e9 est toujours tr\u00e8s plaisante). Tous deux pensent en effet en naturalistes (\u00e0 la fois au sens \u00e9pist\u00e9mologique o\u00f9 ils prennent les sciences naturelles au s\u00e9rieux et au sens scientifique o\u00f9 ils \u00e9tudient la vie d\u2019\u00eatres vivants), bien au fait de la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution et de ce qu\u2019elle nous apprend sur tous nos cousins d\u2019animaux non humains, mais leurs r\u00e9flexions me semblent exprimer de mani\u00e8re plus ou moins implicite une belle \u00e9thique de la vie. Par ailleurs, leur lecture me semble confirmer l\u2019intuition selon laquelle l\u2019\u00e9thique de la vie et la biologie trouvent leur origine dans la m\u00eame observation attentive et \u00e9merveill\u00e9e du vivant, dans une m\u00eame \u00ab&nbsp;sensibilit\u00e9 au vivant&nbsp;\u00bb, pour reprendre les termes de Morizot, et devraient non seulement pouvoir s\u2019accorder, mais m\u00eame se nourrir mutuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 savoir si cette question a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e de front par les philosophes contemporains, je suis tomb\u00e9 sur un d\u00e9bat qui r\u00e9pond en partie \u00e0 mes attentes. \u00c0 la suite d\u2019Elisabeth Anscombe, Philippia Foot et Michael Thomson ont d\u00e9velopp\u00e9 des \u00e9thiques n\u00e9o-aristot\u00e9liciennes selon lesquelles <em>le bien d\u2019une activit\u00e9 ou d\u2019une partie d\u2019un \u00eatre vivant d\u00e9pend de sa contribution \u00e0 la perfection de la forme de vie \u00e0 laquelle elle appartient<\/em> (et par \u00ab&nbsp;bien&nbsp;\u00bb ils entendent bon seulement le \u00ab&nbsp;bien prudentiel&nbsp;\u00bb, li\u00e9 au bonheur mais aussi le bien moral). De m\u00eame qu\u2019il est bon pour un ch\u00eane d\u2019avoir des racines profondes ou pour un loup de chasser en meute, il est bon pour un homme de raisonner et d\u2019agir pour des raisons parce que cela d\u00e9finit sa forme de vie. Ces \u00e9thiques n\u00e9o-aristot\u00e9liciennes me paraissent \u00eatre des formes, et \u00e0 vrai dire des formes prometteuses, d\u2019\u00e9thique de la vie. \u00c0 chaque forme de vie correspondrait un certain nombre de buts dont l\u2019accomplissement caract\u00e9rise la perfection. Le bien pour un \u00eatre vivant consisterait dans l\u2019accomplissement de ces buts sp\u00e9cifiques. La th\u00e8se selon laquelle ces \u00e9thiques n\u00e9o-aristot\u00e9liciennes sont incompatibles avec la biologie moderne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendue \u00e0 plusieurs reprises par William Fitzpatrick (cf. par exemple son livre de 2000,&nbsp;<strong>Teleology and the Norms of Nature<\/strong>). Celui-ci a mis en avant une s\u00e9rie d\u2019arguments pour cette th\u00e8se de l\u2019incompatibilit\u00e9. Bien que (beaucoup) plus raffin\u00e9s et pr\u00e9cis, ces arguments de Fitzpatrick prolongent les remarques pr\u00e9c\u00e9dentes sur le fait que le g\u00e8ne est l\u2019unit\u00e9 de s\u00e9lection du vivant et que cela semble difficile \u00e0 concilier avec une \u00e9thique de la vie un tant soit peu plausible. En s\u2019appuyant sur des indications de Foot et de Thomson, Michael Lott a cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre point par point aux arguments Fitzpatrick. Sans entrer dans les d\u00e9tails techniques, je voudrais r\u00e9sumer ici ce qui me semble \u00eatre l\u2019id\u00e9e principale de sa r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sec-1\">Une th\u00e8se d\u2019ind\u00e9pendance<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette id\u00e9e est qu\u2019il y a deux mani\u00e8res de consid\u00e9rer un \u00eatre vivant et ses diff\u00e9rents traits. On peut le consid\u00e9rer du point de vue de la forme de vie \u00e0 laquelle il appartient, pour ainsi dire interne. On peut aussi, cependant, les consid\u00e9rer de l\u2019ext\u00e9rieur, du point de vue sa place dans l\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces ou des formes de vie&nbsp;<sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fn.4\">4<\/a><\/sup>. Au premier point de vue, qui est celui du naturaliste-scientifique, qui observe le d\u00e9veloppement d\u2019un \u00eatre vivant et l\u2019\u00e9value au regard de sa forme de vie, correspond une norme d\u2019\u00e9panouissement pertinente pour une \u00e9thique de la vie. Au second point de vue, qui est celui du naturaliste-scientifique lorsqu\u2019il prend du recul et interroge la place phylog\u00e9n\u00e9tique de l\u2019\u00eatre vivant et de sa forme de vie, ainsi que l\u2019avantage \u00e9volutif de ses traits, correspond une norme d\u2019\u00ab \u00e9panouissement&nbsp;\u00bb pertinente pour la biologie \u00e9volutionniste, quelque chose comme la valeur s\u00e9lective (fitness). Le point d\u00e9cisif ici est que le premier point de vue est, selon Lott et les n\u00e9o-aristot\u00e9liciens, ind\u00e9pendant du second, et que ce qui compte comme \u00e9panouissement de la vie n\u2019est donc pas d\u00e9termin\u00e9 par la valeur s\u00e9lective. La biologie ne peut donc pas aller \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019\u00e9thique de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Quel est l\u2019argument pour cette th\u00e8se d\u2019ind\u00e9pendance ? Il me semble \u2014 m\u00eame si ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait explicite chez Lott \u2014 que c\u2019est simplement qu\u2019on peut peut \u00e9tudier de mani\u00e8re f\u00e9conde une forme de vie de l\u2019int\u00e9rieur, comme le font les naturalistes-scientifiques amateurs, comme le faisaient tous les naturalistes-scientifiques d\u2019antan et comme le font, j\u2019imagine, certains biologistes du d\u00e9veloppement (?), sans invoquer des notions de phylog\u00e9nie et \u00e0 fortiori la de th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution (et qu\u2019en faisant cela on d\u00e9couvre certains buts et certaines normes pertinents pour une \u00e9thique de la vie)<sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fn.5\">5<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis \u00e0 peu pr\u00e8s convaincu par cette th\u00e8se d\u2019ind\u00e9pendance. Mon souci principal, cependant, qui tient peut-\u00eatre autant \u00e0 l\u2019ind\u00e9termination des \u00e9thiques n\u00e9o-aristot\u00e9licienne qu\u2019\u00e0 la th\u00e8se d\u2019ind\u00e9pendance elle-m\u00eame, se manifeste quand on cherche \u00e0 appliquer cette th\u00e8se pour \u00e9vacuer les cas concrets que nous avons pr\u00e9sent\u00e9s comme des objections biologiques \u00e0 l\u2019\u00e9thique de la vie. M\u00eame si, dans l\u2019environnement qui est sien, le taureau d\u2019\u00e9levage poss\u00e8de une tr\u00e8s haute valeur s\u00e9lective, on a envie de dire qu\u2019il ne m\u00e8ne pas une vie de taureau \u00e9panoui. M\u00eame si la valeur s\u00e9lective d\u2019un humain occidental moderne (qui fait peu d\u2019enfants et a recours \u00e0 la contraception) \u00e9tait plus faible que celle d&#8217;un cong\u00e9n\u00e8re du n\u00e9olithique dans un environnement propice, on n\u2019aurait pas envie de dire qu\u2019il est moins \u00e9panoui pour autant.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on cherche \u00e0 sauver la premi\u00e8re intuition en invoquant quelque chose comme la vie normale d\u2019un taureau dans un environnement plus classique (imaginez des plaines sauvages ou la Camargue), on aura du mal \u00e0 sauver la seconde intuition, et on aboutira \u00e0 une \u00e9thique excessivement conservatrice et peu plausible. En r\u00e9alit\u00e9, les n\u00e9o-aristot\u00e9liciens ont les ressources pour sauver ces deux intuitions. Ils consid\u00e8rent en effet que lorsqu\u2019on observe un \u00eatre vivant du premier point de vue, qui est celui de sa forme de vie,<\/p>\n\n\n\n<ul><li>On peut distinguer un certain nombre d\u2019<em>activit\u00e9s vitales<\/em> qui sont des activit\u00e9s n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement, et ainsi au&nbsp;<em>cycle de vie<\/em>, des organismes de cette forme de vie.<\/li><li>\u00c0 ces activit\u00e9s correspondent des buts dont l\u2019accomplissement mesure l\u2019\u00e9panouissement des organismes de cette forme de vie.&nbsp;<\/li><li>Or ces activit\u00e9s vitales ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 la reproduction, mais incluent, selon les formes de vie, des choses comme se nourrir, s\u2019accoupler, jouer, marcher, faire de l\u2019exercice, chasser, bourgeonner, respirer\u2026 voire m\u00eame, pour l\u2019esp\u00e8ce humaine, raisonner, se cultiver, et se nourrir pour ainsi dire l\u2019esprit (je renvoie ici \u00e0 la tr\u00e8s belle ouverture de l\u2019<em>Enracinement<\/em> de Simone Weil).<\/li><li>Par ailleurs, il n\u2019est pas m\u00eame \u00e9vident que l\u2019accomplissement de la reproduction (m\u00eame isol\u00e9e d\u2019autres activit\u00e9s comme l\u2019accouplement) se mesure au nombre d\u2019enfants (et \u00e0 la multiplication des g\u00e8nes).&nbsp;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ces th\u00e8ses permettent sans probl\u00e8me d\u2019affirmer que le taureau d\u2019\u00e9levage ne m\u00e8ne pas une vie \u00e9panouie (ses succ\u00e8s reproductifs ne compensent pas l\u2019absence d\u2019exercice, d\u2019accouplement, de p\u00e2turage\u2026) et inversement, que les humains  ayant pas ou peu d\u2019enfants s\u2019\u00e9panouissent parfois. Cette r\u00e9ponse me semble fonctionner, mais je me demande si on peut identifier les activit\u00e9s vitales et leur importance respective ind\u00e9pendamment d\u2019une certaine id\u00e9e du bien pour cet organisme. Cette circularit\u00e9, si elle est av\u00e9r\u00e9e,  n\u2019est pas forc\u00e9ment g\u00eanante, mais elle risque  d\u2019\u00e9loigner le premier point de vue (celui, interne, non phylog\u00e9n\u00e9tique,  de la forme de vie) des points de vue scientifiques ordinaires, suppos\u00e9ment neutres vis-\u00e0-vis des valeurs, et ainsi du second point de vue (externe, phylog\u00e9n\u00e9tique). Elle risque aussi de soulever le soup\u00e7on que la norme d\u2019\u00e9panouissement de l\u2019\u00e9thique de la vie est subjective, projet\u00e9e par notre esprit, plut\u00f4t que dans le choses m\u00eames. Cela nous am\u00e8ne \u00e0 un second probl\u00e8me. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sec-2\">Une th\u00e8se de d\u00e9pendance<\/h2>\n\n\n\n<p>Supposons qu\u2019on accepte la th\u00e8se d\u2019ind\u00e9pendance d\u00e9fendue par Lott et la r\u00e9ponse qu\u2019elle permet d\u2019\u00e9chafauder. On pourrait malgr\u00e9 tout se demander si elle ne se contente pas de r\u00e9concilier la biologie \u00e9volutionniste et l\u2019\u00e9thique de la vie par une forme de divorce \u00e0 l\u2019amiable. La biologie \u00e9volutionniste et l\u2019\u00e9thique de la vie ne pourraient s\u2019entendre que parce qu\u2019elles n\u2019ont plus rien \u00e0 se dire. La lecture de Moore et Morizot, je l\u2019ai \u00e9voqu\u00e9, sugg\u00e8re pourtant une possibilit\u00e9 de r\u00e9conciliation plus compl\u00e8te et plus satisfaisante pour quelqu\u2019un qui invoque le naturalisme et l\u2019objectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9thique (c\u2019est le cas de Foot) et veut prendre les sciences biologiques au s\u00e9rieux. Lott esquisse une telle r\u00e9conciliation, plus compl\u00e8te et heureuse, en d\u00e9fendant l\u2019id\u00e9e que si le point de vue interne sur un organisme est ind\u00e9pendant du point de vue externe, le contraire n\u2019est pas vrai. Le point de vue interne, qui d\u00e9pend d\u2019une conception du cycle de vie associ\u00e9 \u00e0 une forme de vie donn\u00e9e, serait n\u00e9cessaire ne serait-ce que pour identifier les \u00eatres vivants et leurs traits (et donc \u00e0 plus forte raison pour situer ceux-ci dans l\u2019histoire phylog\u00e9n\u00e9tique et appliquer la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution). On pourrait \u00e9tudier de mani\u00e8re f\u00e9conde une forme de vie de l\u2019int\u00e9rieur, comme le font les naturalistes-scientifiques amateurs et comme le faisaient tous les naturalistes-scientifiques d\u2019antan, sans invoquer des notions de phylog\u00e9nie et \u00e0 fortiori la de th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution mais le contraire serait impossible.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi ? Parce qu\u2019on a besoin pour identifier un organisme et ses traits de d\u00e9terminer les fonctions de ceux-ci, et parce qu\u2019un m\u00eame processus physico-chimique peut correspondre \u00e0 diff\u00e9rentes fonctions. La mitose participe par exemple \u00e0 la reproduction chez les amibes mais \u00e0 l\u2019hom\u00e9ostasie (self-maintenance) chez les humains. Cela impliquerait qu\u2019on a besoin du premier point de vue pour identifier les fonctions d\u2019un trait donn\u00e9 et par suite, pour identifier un organisme et ses traits.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>To see why this is so, consider the fact that what counts as eating, breathing, hunting, etc. varies from life form to life form. And as Thompson points out, the same biochemical process may amount to a diffferent life process in different life forms: mitosis is a part of reproduction in an amoeba, and part of self-maintenance in a human being. There is nothing in the individual, considered in isolation from some life form conception, that tells you what is happening at the level of vital description \u2013 nothing that tells you what role this or that activity is playing in the life of this thing. Thus if we are to so much as see something as living, we must bring it under some life form conception, however inchoate or partially formed that conception may be. As Thompson says: \u201cevery thought of an individual organism as alive is mediated by thought of the life form it bears.\u201d<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Lott approuve aussi la citation suivante de Thomson :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>Even such apparently purely physical judgments as that the organism starts here and ends here, or weighs this much, must involve a covert reference to something that goes to beyond the individual, namely its life-form. It is only in the light of a conception of this form, however dim that conception might be, that you could intelligibly suppose, for example, that the tentacles are not parasites or cancerous excrescences or undetached bits of waste.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sec-3\">Vers une th\u00e8se de compl\u00e9mentarit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas enti\u00e8rement convaincu par cette th\u00e8se de d\u00e9pendance, et j\u2019aimerais, pour me faire une id\u00e9e, savoir ce qu\u2019en pensent les biologistes : n\u2019y a-t-il pas des mani\u00e8res canoniques et satisfaisantes d\u2019identifier des \u00eatres vivants et leurs traits, sans s\u2019en remettre au premier point de vue ? <\/p>\n\n\n\n<p>Une th\u00e8se plus faible, et qui suffirait \u00e0 r\u00e9concilier suffisamment la biologie et l\u2019\u00e9thique de la vie serait non pas que le premier point de vue, interne, est n\u00e9cessaire au second, mais plut\u00f4t qu\u2019il peut l\u2019am\u00e9liorer, par exemple en le rendant plus \u00e9clairant. On pourrait ainsi \u00e9tudier l\u2019\u00e9volution d\u2019un organisme sans distinguer le r\u00f4le reproductif ou hom\u00e9ostatique de la mitose, ou en le distinguant sans s\u2019en remettre au premier point de vue, mais on perdrait quelque chose. Inversement, il semble que le point de vue \u00e9volutionniste puisse nourrir le point de vue interne, ne serait-ce qu\u2019en nous r\u00e9v\u00e9lant l\u2019histoire de certains organes, des analogies cach\u00e9es entre les traits de diff\u00e9rentes esp\u00e8ces ou des fonctions insoup\u00e7onn\u00e9es de certains traits. C\u2019est du moins une th\u00e8se compl\u00e9mentarit\u00e9 de ce genre ce que m\u2019\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9 la lecture de Moore et de Morizot.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste un dernier probl\u00e8me de taille pour celui qui voudrait invoquer une \u00e9thique de la vie de type n\u00e9o-aristot\u00e9licien pour d\u00e9fendre et c\u00e9l\u00e9brer l&#8217;ensemble des formes de vie, un probl\u00e8me qui sugg\u00e8re qu&#8217;elles ne sont peut-\u00eatre pas les mieux plac\u00e9es pour justifier les intuitions qui ont motiv\u00e9 la r\u00e9daction de ce billet. C&#8217;est que ce type d&#8217;\u00e9thique de <em>la<\/em> vie est en r\u00e9alit\u00e9 une \u00e9thique <em>des<\/em> formes de vie, qui s\u00e9pare par principe ce qui est bien <em>pour<\/em> une forme de vie de ce qui est bien pour une autre et qui se garde de d\u00e9signer un bien en soi, ind\u00e9pendant d&#8217;une forme de vie. Or pour une telle \u00e9thique, ce qui est bien pour nous autres humains risque d&#8217;aller tr\u00e8s souvent \u00e0 l&#8217;encontre de ce qui est bien pour les autres formes de vie, et il sera tr\u00e8s difficile d\u00e9fendre le bien de l&#8217;ensemble des formes de vie. \u00c0 moins peut-\u00eatre, de pr\u00e9tendre que nous sommes des genres de gentils bergers universels du vivant, dont la fonction est de prendre soin de l&#8217;ensemble du vivant, et dont le bien est solidaire du bien de cet ensemble \u2014 une th\u00e8se qui me semble incroyable et m\u00e9galomano-chauviniste.   <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"sec-4\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<p>FitzPatrick, William J. (2000). Teleology and the Norms of Nature. Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>Foot, Philippa (2001). Natural Goodness. Oxford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Groll, Daniel &amp; Lott, Micah (2015). Is There a Role for \u2018Human Nature\u2019 in Debates About Human Enhancement?&nbsp;Philosophy&nbsp;90 (4):623-651.<\/p>\n\n\n\n<p>Henry, Michel (2004) Ph\u00e9nom\u00e9nologie de la vie, Volume IV: Sur l\u2019\u00e9thique et la religion. Paris: Presses Universitaires de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean, G., 2015, Force et temps. Essai sur le vitalisme ph\u00e9nom\u00e9nologique de Michel Henry, Paris: Hermann.<\/p>\n\n\n\n<p>Lott, Micah (2012). Have Elephant Seals Refuted Aristotle? Nature, Function, and Moral Goodness.&nbsp;Journal of Moral Philosophy&nbsp;9 (3):353-375.<\/p>\n\n\n\n<p>Moore Kathleen D. (2006), Petit trait\u00e9 de philosophie naturelle, Gallimester.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Morizot, Baptiste (2020), Mani\u00e8res d\u2019\u00eatre vivant, Actes Sud.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nagel, Thomas (1986), Le point de vue de nulle part, L\u2019\u00e9clat.<\/p>\n\n\n\n<p>Thompson, Michael (2008). Life and Action. Harvard University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Wolfe, C. (2017). La biophilosophie de Georges Canguilhem. Scienza &amp; Filosofia, 17, 33\u201354.<\/p>\n\n\n\n<p>Weil, S. (1949) L\u2019enracinement. Pr\u00e9lude \u00e0 une d\u00e9claration des devoirs envers l\u2019\u00eatre humain, Paris: \u00c9ditions Gallimard,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Footnotes:&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p><sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fnr.1\">1<\/a><\/sup>Parmi les philosophes d\u00e9fendant une \u00e9thique de la vie on compte Aristote et les tenants de la tradition aristot\u00e9licienne en \u00e9thique (je pense aux \u00e9thiques de la vertu ou de la perfection) et de mani\u00e8re fort diff\u00e9rente, Michel Henry, peut-\u00eatre Nietzsche et certains n\u00e9o-vitalistes comme Bergson et Canguilhem.<\/p>\n\n\n\n<p><sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fnr.2\">2<\/a><\/sup>Ces raisons de principe, que je d\u00e9taille dans un gros travail en cours, sont proches de celles expos\u00e9es par Nagel dans&nbsp;<strong>Le point de vue de nulle part<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fnr.3\">3<\/a><\/sup>Parmi les philosophes qui ont v\u00e9cu \u00e0 cette \u00e9poque, qui d\u00e9bute, disons, \u00e0 la toute fin du 19e ou au d\u00e9but du 20e, o\u00f9 on peut que tr\u00e8s difficilement rejeter le cr\u00e9dit scientifique de la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution, Michel Henry a d\u00e9velopp\u00e9 une \u00e9thique de la vie assez approfondie, mais il est probablement commis \u00e0 une forme de vitalisme (il s\u2019est d\u2019ailleurs revendiqu\u00e9, dans des notes. de travail, d\u2019une forme de vitalisme ph\u00e9nom\u00e9nologique, cf. Jean 2015). Je connais mal Canguillhem mais le peu que j\u2019en ai lu et compris, tout comme ce que j\u2019ai lu sur lui, le place du c\u00f4t\u00e9 de ceux que j\u2019appelle \u00ab&nbsp;vitalistes&nbsp;\u00bb (cf. Wolfe 2017).<\/p>\n\n\n\n<p><sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fnr.4\">4<\/a><\/sup> M\u00eame si elle est souvent utilis\u00e9e de mani\u00e8re interchangeable avec celle-l\u00e0, la notion de forme de vie est, telle que je la comprends, un peu plus fine que celle d\u2019esp\u00e8ce, deux esp\u00e8ces diff\u00e9rentes correspondent toujours \u00e0 deux formes de vie mais des cultures diff\u00e9rentes peuvent par exemple s\u00e9parer une esp\u00e8ce en deux formes de vie.<\/p>\n\n\n\n<p><sup><a href=\"file:\/\/\/Users\/alexandrebillon\/Documents\/Textes\/org\/ethique-de-la-vie.html#fnr.5\">5<\/a><\/sup> Un autre argument serait qu\u2019on peut s\u2019\u00e9panouir au sens de l\u2019\u00e9thique de la vie sans \u00eatre adapt\u00e9 ou \u00eatre adapt\u00e9 sans s\u2019\u00e9panouir au sens de l\u2019\u00e9thique de la vie, mais un tel argument semble commettre une p\u00e9tition de principe grosse comme le nez au milieu de la figure.<\/p>\n\n\n\n<p>Author: Alexandre Billon<\/p>\n\n\n\n<p>Created: 2020-10-17 Sat 13:13<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.gnu.org\/software\/emacs\/\">Emacs<\/a>&nbsp;25.1.1 (<a href=\"http:\/\/orgmode.org\/\">Org<\/a>&nbsp;mode 8.2.4)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme beaucoup de gens, sans doute, j\u2019adh\u00e8re spontan\u00e9ment \u00e0 une forme \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9thique de la vie&nbsp;\u00bb : j\u2019ai tendance \u00e0 juger le bonheur d\u2019une personne, la qualit\u00e9 d\u2019une \u0153uvre d\u2019art, ou m\u00eame les attraits d\u2019un mouvement culturel ou d\u2019une \u00e9poque en termes d\u2019\u00e9panouissement, ou peut-\u00eatre d\u2019intensification, de la vie. Je tiens ainsi pour bon l\u2019\u00e9panouissement de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":27,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"template-simple.php","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[2],"tags":[14,16,17,19,15,18],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/fomblard.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/004.jpg.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/paQFcA-7A","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/470"}],"collection":[{"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=470"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/470\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":491,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/470\/revisions\/491"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=470"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=470"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fomblard.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=470"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}